Par Becky Zimmer
Les journalistes agricoles canadiens continuent d’exercer une influence considérable sur l’industrie agricole mondiale, notamment grâce à leur forte présence aux congrès, réunions et séances de perfectionnement professionnel de la Fédération internationale des journalistes agricoles (IFAJ), ainsi qu’à d’autres occasions internationales que nos membres saisissent par eux-mêmes.
Ces expériences permettent à tous les membres du IFAJ d’élargir leur réseau, d’approfondir leurs connaissances et d’observer directement les enjeux agricoles qui touchent le monde entier, sans parler des économies et de l’environnement de nos propres pays et régions.
Avec la hausse du coût de la vie et la baisse continue des salaires, sans parler du coût des voyages professionnels qui pourraient changer une vie, les journalistes agricoles, qu’ils soient débutants ou expérimentés, sont confrontés au défi croissant de trouver du financement pour des projets passionnants qui font progresser leur carrière et pour développer leur réseau international.
Notre récente séance de perfectionnement professionnel de la Fédération canadienne des journalistes agricoles a mis cette question au premier plan de notre organisation. Craig Lester et Michelle Chunyua étaient disponibles pour discuter de leurs expériences concernant la fameuse phrase : « S’il vous plaît, monsieur, j’ai besoin de plus de financement. »
Ces dernières années, Lester a acquis une solide expérience en matière de recherche de financement, notamment grâce à son projet de bourse Nuffield, à son rôle de copropriétaire d’une entreprise de médias et de communication, et à son bénévolat auprès de l’Alberta Farm Writers’ Association, de la Fédération canadienne des journalistes agricoles (CFWF), de l’IFAJ et d’autres organismes locaux.
Pour lui, tout commence par identifier les organismes susceptibles de bénéficier de son expérience. Tout le monde recherche du contenu pour ses réseaux sociaux, ses magazines ou ses infolettres. Lester conseille donc de dresser une liste de demandes possibles et de les explorer une par une.
« Si vous repérez des sujets qui correspondent bien à certaines organisations, vous pouvez les contacter et leur dire : “Je participe à un événement au Kenya sur les émissions de gaz à effet de serre. Je pourrais écrire un article pour votre publication, en échange soit d’une rémunération, soit d’un parrainage.” »
En sollicitant des sponsors pour Nuffield, Lester constata que certaines organisations s’intéressaient davantage au développement professionnel en lui-même qu’à des sujets spécifiques. Il sut toutefois s’en servir comme argument : quelles que soient ses découvertes, il était ravi de les partager lors de webinaires ou d’entretiens individuels avec les entreprises qui le soutenaient. Cette démarche eut également des retombées positives à long terme pour Lester.
« Cette opportunité de rencontrer et d’échanger avec les participants m’a permis de mieux connaître les membres des organisations partenaires. Cela m’a été très utile par la suite. »
Chunyua a participé à son premier congrès de l’IFAJ au Danemark en 2022, puis à ceux du Canada, de la Suisse et du Kenya. Responsable de la communication chez Alberta Canola, elle a dû convaincre sa direction de l’intérêt de ces congrès.
Pour obtenir un financement de son employeur, elle a dû faire le lien entre les congrès de l’IFAJ et ses fonctions de communicatrice. Mettre l’accent sur le retour sur investissement (RSI) a été un argument clé pour obtenir ce financement, explique Chunyua.
« Il s’agit d’au moins 5 000 $. C’est une somme importante qu’ils investissent pour que vous participiez à une conférence, n’est-ce pas ? Alors, comment votre participation va-t-elle apporter de la valeur ajoutée à l’équipe ? »
Pour Chunyua, l’IFAJ lui permet de nouer des contacts avec ses pairs, de développer de nouvelles idées d’articles et de s’engager dans le transfert de connaissances par le biais de bulletins d’information ou de présentations, afin de solliciter des financements auprès de son employeur. Lors de la venue de l’IFAJ au Canada en 2023, Chunyua a pu « accroître la visibilité de l’organisation », explique-t-elle, grâce au contenu publié sur les réseaux sociaux et au parrainage d’une tournée par l’IFAJ.
Selon le gouvernement canadien, plus de 21 millions d’acres de canola sont produits chaque année, principalement dans les provinces de l’Ouest, soit l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Deuxième culture la plus importante au Canada, le canola a généré « 12,9 milliards de dollars de recettes agricoles en 2024, ce qui en fait la principale culture de plein champ la plus lucrative ».
Chunyua travaille dans le secteur du canola, un secteur où tout se passe à proximité, mais cela ne signifie pas que les agriculteurs canadiens sont les seuls à s’intéresser au canola. Quatre-vingt-dix pour cent du canola canadien est exporté. Qu’il s’agisse de problèmes de marché, de préoccupations environnementales ou de défis économiques, participer aux discussions agricoles est un argument de poids pour Chunyua lorsqu’elle planifie son budget de voyage.
« Je peux discuter avec de nombreuses personnes des enjeux et découvrir si d’autres industries ou groupes de producteurs de matières premières sont confrontés aux mêmes difficultés, et comment ils les gèrent. »
Depuis 2022, la CFWF organise six sessions de perfectionnement professionnel annuelles afin de fournir à ses membres des informations essentielles sur divers sujets, allant de l’importance du mentorat aux défis posés par l’IA dans les outils de communication et de rédaction, en passant par la santé mentale dans le secteur agricole. Pour chaque session, l’une de nos organisations régionales prend en charge la planification et la mise en œuvre.
Notre session de demande de financement a été organisée par la Saskatchewan Farm Writers’ Association.

